Côté Santé

Etes-vous sujet  à l’anorexia athletica ? 

 
  anorexie1.jpg

Parce qu’ils (se) sont convaincus que la perte de poids pouvait améliorer la performance, certains runners amateurs n’hésitent plus à s’astreindre à un contrôle drastique de leurs apports énergétiques. Au risque de plonger dans l’anorexia athletica.

Bonne nouvelle ! À l’inverse de l’anorexie classique ou de la boulimie, l’anorexia athletica n’est pour l’heure pas assimilée à une maladie mentale dans les manuels médicaux. Mais cela ne durera peut-être pas toujours…

Le phénomène, qui tient du trouble du comportement alimentaire dans les cas les plus sévères, touche toutes les familles de sportifs. Runners – mais aussi cyclistes, fondeurs, triathlètes (en clair tous les athètes pratiquant des disciplines d’endurance) – sont à risque. Principalement lorsqu’ils ont se sont forgés la certitude de pouvoir améliorer leur niveau de performance en perdant du poids.

Si le phénomène touche les deux sexes, ce sont principalement les femmes qui sont d’abord menacées par les conséquences de cette anorexia athletica. Pas parce qu’elles sont nécessairement plus soucieuses de leur poids que les hommes. Mais surtout parce qu’elle ont besoin de plus d’énergie. « Les femmes ne peuvent emmagasiner autant d’hydrates de carbone (sucres lents) que les hommes, rappelle une étude suisse qui s’est penchée sur le sujet. Elles devraient donc en consommer plus. Surtout avant les compétitions. »

Les runners fragiles psychologiquement sont plus susceptibles d’être victimes d’anorexia athletica

Au-delà du strict rapport avec la pratique sportive, c’est souvent l’image que souhaite renvoyer le runner au monde qui peut provoquer des comportements extrêmes. On maigrit pour ressembler à un athlète d’élite (même si les performances personnelles sont loin du haut niveau), on s’affame pour épater les copains ou les copines de club, on sèche chaque jour un peu plus pour se prouver que le corps n’a pas encore atteint ses limites.

Voyage solitaire qui peut affaiblir considérablement l’organisme et ses défenses immunitaires, l’anorexia athletica doit se combattre en redonnant d’abord un côté ludique et non compulsif à la pratique sportive. Courir en groupe permet d’échanger et d’écouter d’autres discours que le sien : il faut donc éviter de s’enfermer – avec son lecteur MP3 – dans une routine déprimée pour retrouver le plaisir d’un échange par le sport.

Enfin, si la perte de poids, prise en compte avec retard, déclenche des états de fatigue chronique ou des symptômes physiologiques inquiétants, il est impératif de consulter son généraliste dans les meilleurs délais.

Les symptômes :

• Obsession de la perte de poids
• Insatisfaction permanente sur la qualité de ses performances
• Besoin constant de courir (hyperactivité chronique)
• Désocialisation
• Constipation, diarrhées, nausées, vomissements

Source : http://runners.fr

Les conséquences :

 

L’anorexie mentale est une pathologie grave de l’adolescente et de la jeune femme adulte (10 femmes pour 1 homme), caractérisée par une restriction volontaire de l’alimentation afin de perdre du poids, associée à une altération de l’image du corps et à un déni de la gravité du trouble. Les intrications avec la pratique sportive sont multimodales, le recours à une activité physique excessive étant fréquemment associé aux périodes de restriction alimentaire. Un tiers des cas évoluent vers la guérison, un tiers vers la chronicisation, et un tiers évoluent défavorablement avec 20% de mortalité à 5 ans (dont un quart par suicide).

Le concept d’ « anorexie athlétique » (AA) suppose que les athlètes (et triathlètes) constituent une population singulière, en regard des critères associés à l’entraînement, aux modalités alimentaires et à un certain profil psychologique.

Les conséquences sur la santé sont dominées par les troubles du cycle et la déminéralisation osseuse.

Les interrelations complexes existant entre troubles du comportement alimentaire ou TCA (liés à la carence énergétique), l’aménorrhée hypothalamique (dysfonction ovarienne se manifestant par un arrêt des cycles menstruels), et l’ostéoporose (diminution de la densité minérale osseuse avec risque fracturaire) constituent latriade de l’athlète féminine (Figure1).

alt

Une carence énergétique est définie par un déséquilibre de la balance énergétique aux dépens des apports. La plupart des manifestations cliniques (troubles du cycle, fractures de fatigue, blessures récurrentes...) apparaissent lorsque les apports énergétiques sont inférieurs à 30 kcal/kg.

Sur le plan physiopathologique, les troubles du cycle sont la manifestation d’une dysfonction hormonale (carence oestrogénique) liée à une altération de la sécrétion pulsatile d’une hormone hypophysaire (LH ou Luteinizing Hormone), elle-même sous le contrôle de la sécrétion par l’hypothalamus d’une autre hormone (GnRH ou Gonadotrophin-Releasing Hormone).

Il faut noter que l’activité physique seule ne semble pas avoir d’effet suppresseur sur la pulsatilité de LH si les apports énergétiques sont augmentés pour compenser les dépenses.

Il ne faut donc pas banaliser les troubles du cycle chez une jeune triathlète, quelque soit son niveau d’entraînement et de performance.

Les conséquences de l’anorexie athlétique sur la densité minérale osseuse sont moins bien comprises mais la carence oestrogénique joue un rôle.

La gravité de l’anorexie athlétique sur la déminéralisation osseuse est d’autant plus importante que cette maladie touche des jeunes femmes pendant leur période de croissance osseuse (Figure 2), c’est-à-dire avant 20 et 30ans (les différents sites osseux n’atteignant pas leur maturité en même temps), âge du pic de masse osseuse, pouvant conduire à une ostéoporose précoce (Figure 3).



Figure 2 : Evolution de la masse osseuse avec l’âge.



Figure 3 : Os normal à gauche. Os ostéoporotique à droite.

La prise en charge thérapeutique sera multidisciplinaire, incluant le médecin, le diététicien, et pour les athlètes présentant un TCA, le psychologue ou le psychiatre, l’objectif principal du traitement restant d’augmenter les apports énergétiques.

Aucun traitement médicamenteux n’apporte une correction pleinement satisfaisante de la déminéralisation osseuse chez les athlètes avec une aménorrhée hypothalamique, dont le meilleur traitement reste la reprise de poids. Les contraceptifs oraux peuvent trouver leur indication chez une triathlète de plus de 16 ans en aménorrhée hypothalamique dont la densité minérale osseuse continue à chuter malgré une prise en charge diététique optimale.

En conclusion, alors que l’activité physique est bénéfique pour la santé osseuse (les athlètes pratiquant un sport dit « en charge » ayant en effet des densités minérales osseuses (DMO) plus élevées que les sédentaires), le staff médico-sportif mais plus largement l’entourage des jeunes triathlètes doit être particulièrement attentif aux cas de restriction des apports énergétiques et de réduction pondérale malgré un niveau de performance élevé. Des cycles répétés de perte et de reprise de poids chez des athlètes associant masse grasse et niveau de performance, ou le maintien d’un poids faible, doivent faire craindre l’évolution vers un trouble du comportement alimentaire, justifiant un avis médical pour éviter une évolution vers une ostéoporose précoce.

source : triathlon-mp.com

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Date de dernière mise à jour : 03/05/2014

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site